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Zouglou et coupé décalé à Abidjan

Abidjan a longtemps été la plaque tournante de la musique en Afrique et reste une référence mondiale sur le plan artistique. Jadis animé par des rythmes sortis du terroir tels que le « ziglibiti » d’Ernesto Djédjé ou le « laba- laba » de Luckson Padaud, le genre musical ivoirien est aujourd’hui dominé par le zouglou et le coupé- décalé des rythmes inventés par la jeunesse.

La naissance du zouglou

Dans les années 90, le monde estudiantin ivoirien revendique l’amélioration du cadre des études et de meilleures conditions de vie dans les cités universitaires. Cela n’est pas du gout des autorités de l’époque qui ne leur accorde aucun intérêt. Les étudiants décident alors de s’exprimer d’une façon particulière de sorte à alerter l’opinion publique et gagner des adhérents à leur cause : c’est la naissance du zouglou.

Avec des textes au contenu sensible décriant les tares de la société et appelant à l’éveil des consciences, le tout couronné par une danse caractérisé par de grands gestes (les mains levées et le regard tourné vers le ciel, déplacez vous dans la direction qui vous sied en insistant sur le mouvement des jambes et des pieds et vous y êtes !). Le zouglou est qualifié d’éphémère dans ses débuts. En effet, il connait des périodes de vaches maigres qui, cependant, n’ont pu empêcher son ascendance.

Aujourd’hui, ce concept du zouglou ne cesse de gravir les échelons et le monde entier bouge sur ses sons exportés par des artistes comme Magic System, les Patrons, Espoir 2000 et bien d’autres non moins célèbres. Beaucoup adulé pour les prestations en live et ses orchestres qui foisonnent, ce mouvement artistique vend très bien la culture ivoirienne.

Le coupé- décalé.

A l’instar du zouglou, le coupé-décalé a aussi son histoire. Des jeunes ivoiriens de la diaspora évoluant dans des broutages se rencontrent dans des soirées ou ils se racontent leurs galères et, en même temps, célèbrent leur indépendance financière. Au cours de ces petites fêtes, ils exécutent des pas de danses pour exprimer leur esprit combatif tels des guerriers. C’est le prologue d’un concept qu’ils envisagent de partager avec leurs compatriotes restés au pays. Ainsi, avec comme chef de fil feu Doukouré Stéphane alias Douk Saga, ils débarquent sur la scène musicale en 2002 au moment même ou la rébellion armée fait rage.

La trouvaille est très vite adoptée par les populations qui y trouvent le moyen de noyer un temps soit peu les soucis de la guerre. En fait, les jeunes restés au pays sont émerveillés par les prestations particulières de ces nouveaux venus. Les tenues de scène sont excentriques, les chansons inintelligibles ou généralement ils se glorifient, distribution en grande pompe de billets de banque provoquant des bousculades.

Les artistes du coupé décalé entretiennent le mythe en innovant à chaque fois avec des danses telles que le « ramé-ramé », le « kpongor », « la marche en avant », le « loko-loko » ou le « chipololo » en vogue ces temps- ci. Très vite, le mouvement gagne en disciples et fait le tour du monde : Lino Versace est reçu sur le plateau de Canal+, grande chaine de télévision française. Arafat DJ est nominé au Graming Awards et est couronné meilleur artiste africain lors des Koras Awards en Décembre 2012.

Avec les rythmes nouveaux du « chébélé », « le plékess » ou de « célébration », dérivé du coupé décalé ou l’apologie de la richesse est mise en avant, ce mouvement prend son ascendance sur le zouglou et se positionne au premier rang des musiques Ivoiriennes.

DOUG SAGA

DOUG SAGA

Tag(s) : #Culture

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